Un quart d'heure en présence du Saint-Sacrement

Soumis par Regnum Christi le jeu 11/06/2020 - 07:39

Colloque avec Jésus de saint Antoine-Marie Claret ( 1807-1870), fondateur des fils du Cœur Immaculé de Marie , évêque missionnaire et archevêque de Santiago de Cuba.

 

Jésus te parle…

- Pour me plaire, il n'est pas nécessaire d'avoir beaucoup d'instruction ; il suffit que tu m’aimes beaucoup. Parle-moi avec simplicité, comme tu parlerais avec ton ami le plus intime.

 

As-tu quelque chose à me demander pour quelqu'un ?

– Dis-moi son nom et ce que tu voudrais que je fasse maintenant pour lui. Demande beaucoup ! N'hésite pas à demander : parle-moi également avec simplicité et sincérité des pauvres que tu veux consoler, des malades que tu vois souffrir, des égarés que tu désires voir revenir sur le droit chemin. Dis-moi au moins une parole pour chacun.

 

Et pour toi-même, n'as-tu pas besoin de quelque chose ?

– Dis-moi franchement que tu es peut-être orgueilleux, égoïste, inconstant, négligent... puis demande-moi de te venir en aide dans le peu ou le grand nombre d’efforts que tu fais pour t'en sortir : n’aie pas honte ! Au ciel, il y a beaucoup de justes, beaucoup de saints qui avaient exactement les mêmes défauts. Mais ils ont demandé humblement... et peu à peu, ils se sont vus libérés de leurs défauts.

Et n'hésite pas à prier pour ta santé et pour une heureuse issue de tes travaux, de tes affaires ou de tes études. Tout cela, je peux te le donner et je te le donne. Je désire que tu me pries pour cela, si ce n'est pas préjudiciable à ta sanctification, mais la favorise et la soutient. Et aujourd'hui même, de quoi as-tu besoin ? Que puis-je faire pour toi ? Si tu savais combien je désire ardemment t'aider.

 

As-tu actuellement un projet ?

– Expose-le moi. Qu'est-ce qui te préoccupe ? Que penses-tu ? Que désires-tu ? Que puis-je faire pour ton frère, pour ta sœur, pour tes amis, pour ta famille, pour tes supérieurs ? Que voudrais-tu faire pour eux ? Et pour ce qui est de moi, n'as-tu pas le désir que je sois glorifié ? Ne voudrais-tu pas faire quelque chose de bien pour tes amis que tu aimes peut-être beaucoup, mais qui, peut-être, vivent sans penser à moi.

Dis-moi, qu'est-ce qui attire particulièrement ton attention aujourd’hui ? Que désires-tu le plus ardemment ? De quels moyens disposes-tu pour l’obtenir ? Si un projet échoue, dis-le moi ; je te donnerai les raisons de l'échec. Ne voudrais-tu pas me gagner à ta cause ?

 

Peut-être te sens-tu triste ou de mauvaise humeur ?

– Raconte-moi dans tous les détails ce qui t'attriste, ce qui t'a offensé, ce qui t'a blessé dans ton amour-propre, ce qui t'a humilié. Dis-moi tout et bientôt tu parviendras au point où tu me diras que tu pardonnes tout selon mon exemple, que tu oublies tout. En récompense, tu recevras ma consolante bénédiction. Peut-être as-tu peur ? Sens-tu dans ton âme cette détresse indéfinissable qui n'est pas justifiée mais qui ne cesse pourtant de le déchirer le cœur ? Jette-toi dans les bras de la Providence !

Je suis avec toi, à ton côté. Je vois tout, j'entends tout, et je ne t'abandonne pas un seul instant. Sens-tu l’abandon d’êtres qui auparavant t’aimaient bien mais qui maintenant t’ont oublié et s'éloignent de toi sans que tu en sois la cause ? Prie pour eux et je les ferai revenir à ton côté, s'ils ne sont pas un obstacle à ta sanctification.

 

Et n'as-tu pas peut-être une joie à me faire partager ?

– Pourquoi ne me laisserais-tu pas partager ta joie ? Ne suis-je pas un ami ? Raconte-moi ce qui a consolé ton cœur et ce qui t'a fait sourire depuis la dernière visite auprès de moi. Peut-être as-tu connu des surprises agréables ; peut-être as-tu reçu de bonnes nouvelles, une lettre, un signe d'affection ; peut-être as-tu surmonté une difficulté ; peut-être es-tu sorti d'une situation qui paraissait sans issue. Tout cela est mon œuvre. Tu dois seulement me dire : merci, mon Dieu !

 

Ne voudrais-tu pas me promettre quelque chose ?

– Je lis au fond de ton cœur. On peut facilement tromper les hommes, mais pas Dieu. Alors, parle-moi tout à fait ouvertement. Es-tu vraiment fermement décidé à ne plus t’exposer à telle occasion de péché, à renoncer à telle chose qui t'a causé du tort, à renoncer à lire tel livre qui a excité ton imagination, à ne plus avoir de contact avec telle personne qui trouble la paix de ton âme ?

Redeviendras-tu doux, aimable et complaisant avec telle personne que tu as considérée jusqu'ici comme un ennemi parce qu’elle a laissé échapper quelque chose contre toi. Eh bien ! Retourne maintenant à tes occupations habituelles, à ton travail, ta famille, tes études, mais n'oublie pas ce quart d'heure que nous avons passé ensemble. Garde autant que tu le peux silence, modestie, recueillement intérieur et amour du prochain.

Aime ma Mère qui est aussi la tienne.

– Et reviens de nouveau avec le cœur encore plus rempli d’amour, encore plus abandonné à mon Esprit. Alors tu trouveras chaque jour dans mon Cœur un nouvel amour, de nouveaux bienfaits et de nouvelles consolations.

 

La meilleure disposition à l'union avec Dieu, c'est l'intimité avec Notre-Seigneur et la vie d'amour.

 

Antoine-Marie Claret est né le 23 décembre 1807 à Sallent (Espagne) et décédé le 24 octobre 1870 à l'abbaye de Fontfroide près de Narbonne. Prêtre catalan, il fut le fondateur des fils du Cœur Immaculé de Marie (les Clarétains). Évêque missionnaire et archevêque de Santiago de Cuba, la reine d'Espagne Isabelle II l’appela auprès d’elle pour être son confesseur. Canonisé en 1950 par Pie XII, il est fêté le 24 octobre.

Antoine-Marie apprend d’abord le métier de tisserand, profession familiale. Puis il fut typographe, juste le temps d'aimer la diffusion de la Parole de Dieu par la presse. Il trouve sa voie à 22 ans en entrant au séminaire de Vicq. Prêtre, il parcourt la Catalogne, chapelet en main, distribuant des brochures édifiantes qu'il avait lui-même imprimées. Mais ces horizons étaient encore trop étriqués à ses yeux. En 1849, il fonde une nouvelle congrégation à vocation missionnaire : les Fils de Marie Immaculée que l'on appelle les Clarétains.

En 1850, le pape le nomme archevêque de Santiago de Cuba, et cela ne le déconcerte pas. Il y exerce un intense apostolat, homme de feu brûlé par l'amour du Christ. Là encore il imprime et distribue images et brochures, prend la défense des esclaves, condamne les exactions des grands propriétaires ; ce qui lui attire bien des ennemis. Il échappe alors à quinze tentatives d'assassinat. En 1857, après six années d'un tel ministère, la reine Isabelle l'appelle en Espagne comme conseiller et confesseur. En 1868, la révolution éclate. Saint Antoine-Marie suit la reine, réfugiée à Paris.

Les Claretains sont expulsés de leurs six maisons et fondent en France celle de Prades. Il prend part au concile du Vatican en 1869 et 1870. Au retour, il se retire au monastère cistercien de Fontfroide où il meurt.