Son Règne doit être prêché, rendu présent, édifié

Soumis par Regnum Christi le mar 13/11/2018 - 14:17

Lettre du P. Eduardo Robles-Gil, LC, supérieur général, à l'occasion de la solennité du Christ-Roi

Rome, le 13 novembre 2018

Téléchargez la version pdf de la lettre

Aux membres de Regnum Christi

Très estimés dans le Christ,

Au moment où nous allons commencer le Chapitre Général de la congrégation des Légionnaires du Christ, les assemblées générales des consacrées et des laïcs consacrés et l’Assemblée Générale de Regnum Christi, je vous envoie un salut très cordial. Je vous remercie de tout cœur, au nom de tous les participants de ces assemblées, de toutes vos prières pour l’aboutissement de nos réflexions et pour l’avenir du mouvement Regnum Christi.

Il est providentiel que nous célébrions la solennité du Christ-Roi pendant ces événements importants. Lors de cette solennité, l’Église nous invite à diriger notre regard vers Jésus-Christ et vers son Règne. Nous pouvons une fois de plus nous rappeler ce qui est essentiel dans notre vocation et dans notre mission pour éclairer notre vie et nos décisions. C’est pourquoi je vous invite tous à profiter de cette récurrence liturgique pour renouveler l’amour du Seigneur qui doit régner dans notre vie personnelle ; pour augmenter également ce désir opérant et ardent que son Règne vienne parmi nous.

L’expression « Que ton Règne vienne ! » provient de la bouche même du Christ, notre maître, et fait partie de la prière qu’il enseigne à ses disciples. Il s’agit sans aucun doute de la prière la plus aimée, la plus répétée, la plus commentée tout au long des siècles du christianisme. Ce désir est le propre de tout cœur chrétien, le plus intime : désirer que le Christ règne, que son Règne vienne parmi nous.

Nous devons être conscients et méditer ensemble que c’est ce que nous demandons dans cette prière et ce à quoi nous nous engageons. Cette demande, enseignée par le Christ lui-même, est un programme de vie personnelle et de tout le mouvement Regnum Christi. Cette supplication, prononcée par tous, nous unit en une famille spirituelle et un corps apostolique à qui est confiée une mission particulière.

« Mon Royaume n’est pas de ce monde »

Cette année l’Évangile de la liturgie nous présente Jésus-Christ face à Pilate, à un moment particulièrement dramatique de sa vie terrestre (cf. Jn 18, 33-37). Il s’approche inexorablement de sa mort sur la croix. Celle qui complétera l’œuvre de la Rédemption. C’est dans ce contexte que Jésus, face à celui qui représente le pouvoir temporel, affirme avec autorité qu’il est Roi et que son Royaume n’est pas de ce monde.

Ainsi il nous enseigne clairement que son Royaume est caché, intérieur. C’est le Règne qui commence au plus profond de l’âme. C’est la présence même de Dieu qui doit être reçue et conservée au plus intime de soi, afin que, en tant que ferment, elle transforme toutes les autres réalités (cf. Mt 13, 33). C’est pourquoi, méditer sur le Royaume, c’est ressentir l’appel et l’invitation à l’intériorité vertueuse, la sainteté de vie, point de départ et assurance de tout témoignage et apostolat chrétiens.

Aujourd’hui, face aux travaux des assemblées et du Chapitre Général, nous prenons conscience, une fois de plus, que cela doit rester notre première priorité, avant toute autre activité ou convenance purement humaine.

« Mon Royaume n’est pas de ce monde. » La prédication du Règne du Christ est, en même temps, annonce de l’éternité et souvenir de la fugacité des choses terrestres. On trouve cette affirmation dans cette citation du livre de Daniel : « Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. » (Dn 7, 14)

La constitution pastorale Gaudium et spes de Vatican II nous le rappelle aussi : « Car ces valeurs de dignité humaine, de communion fraternelle et de liberté, tous ces fruits de notre nature et de notre effort, que nous aurons propagés sur terre selon le commandement du Seigneur et dans son Esprit, nous les retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés, lorsque le Christ remettra à son Père “un Royaume éternel et universel : Royaume de vérité et de vie, Royaume de sainteté et de grâce, Royaume de justice, d’amour et de paix.’’ Mystérieusement, le Royaume est déjà présent sur cette terre ; il atteindra sa perfection quand le Seigneur reviendra. » (Gaudium et Spes, 39, 3)

Je vous invite, vous membres du mouvement Regnum Christi, à toujours vous rappeler cette priorité essentielle, celle de suivre et imiter le Seigneur, avec un sentiment d’éternité : qu’il règne en souverain ; que vous repoussiez tout ce qui est contraire à lui et à son règne, choisissant toujours ce qui implique plus d’amour et de vertu, afin d’être les témoins crédibles et convaincants du Christ et de ses enseignements.

« Que ton Règne vienne ! », c’est sanctifier notre vie par la prière, les sacrements et l’accomplissement de sa volonté. « Que ton Règne vienne ! », c’est sanctifier notre famille, notre travail et notre entourage par le témoignage d’une vie évangélique attirante. « Que ton Règne vienne ! », c’est sanctifier la culture et la société sans tomber dans l’idéologie consumériste qui nous fait placer nos yeux et notre cœur dans les choses de la terre.

Son Règne doit être prêché, rendu présent, édifié

Mais le Royaume du Christ n’est pas seulement intérieur ou futur. Le Règne se trouve déjà en nous (cf. Lc 17, 21). C’est ainsi que commence la prédication de Jean-Baptiste et celle du Christ même : « Le temps est accompli et le Règne de Dieu est là : changez de conduite et croyez à la Bonne Nouvelle. » (Mc 1, 15).

Jésus-Christ est venu parmi nous pour prêcher son Royaume, pour le rendre présent. « Ce témoignage est celui que le Seigneur donne de lui-même et que saint Luc a recueilli dans son Évangile “il faut qu’aux autres villes aussi j’annonce le Règne de Dieu (Lc 4, 43). Il a sans doute une grande portée, puisqu’il définit en une seule phrase toute la mission de Jésus : parce que c’est pour cela que j’ai été envoyé.’’ » (Paul VI, Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi 6).

On rencontre aussi ce message dans l’Évangile déjà cité : « C’est pour cela que je suis né et que je suis venu dans le monde, pour être le témoin de la vérité. » (Jn 18, 37)

« Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît. » (Mt 6, 33). Le projet de Jésus est celui d’instaurer le Royaume de son Père. Il dit à ses disciples : « Annoncez que le Royaume des cieux est proche ! » (Mt 10, 7), sachant bien que cette proclamation ne vient pas sans travail et grands sacrifices (Cf. Mt 11, 12), mais en assurant qu’il donnera le reste par surcroît.

C’est de là que vient ce que nous appelons le zèle apostolique, c’est-à-dire que toute l’Église se joint à cet effort pour faire connaître le Seigneur, qui se montre par son message, ses invitations, ses commandements. C’est le désir d’accomplir le commandement d’aller vers tout le monde et de prêcher l’Évangile (Cf. Mt 28, 19-20), le Christ même. Quand on a rencontré le Christ, naît le désir de le faire connaître.

« Le bien tend toujours à se communiquer. Chaque expérience authentique de vérité et de beauté cherche par elle-même son expansion, et chaque personne qui vit une profonde libération acquiert une plus grande sensibilité devant les besoins des autres. Lorsqu’on le communique, le bien s’enracine et se développe. C’est pourquoi, celui qui désire vivre avec dignité et plénitude n’a pas d’autre voie que de reconnaître l’autre et chercher son bien. Certaines expressions de saint Paul ne devraient pas alors nous étonner : « L’amour du Christ nous presse » (2 Co 5, 14) ; « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1 Co 9, 16). » (Evangelii gaudium, 9)

La tâche de prêcher l’Évangile, de faire connaître le Christ et son Royaume est belle et pleine de joie pour celui qui transmet le trésor qu’il a trouvé. Aussi le pape François exhorte-t-il toute l’Église :

« Nous découvrons ainsi une autre loi profonde de la réalité : la douce et réconfortante joie d’évangéliser, même lorsque c’est dans les larmes qu’il faut semer […] Que le monde de notre temps qui cherche, tantôt dans l’angoisse, tantôt dans l’espérance, puisse recevoir la Bonne Nouvelle, non d’évangélisateurs tristes et découragés, impatients ou anxieux, mais de ministres de l’Évangile dont la vie rayonne de ferveur, qui ont les premiers reçu en eux la joie du Christ. » (Evangelii gaudium, 10 - citation de l’exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, 80 du pape Paul VI).

Lors de cette prochaine solennité du Christ, je vous invite à renouveler ce désir ardent d’évangéliser, ce qui caractérise la congrégation des Légionnaires du Christ et le mouvement Regnum Christi.

Je suis convaincu que c’est la raison principale pour laquelle Jésus-Christ a suscité cette œuvre qui lui appartient et dont il nous a chargé, en tant que peuple sacerdotal, comme une œuvre, une mission. C’est ce que nous lisons dans la seconde lecture de ce jour : « Jésus est le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts et le souverain des rois de la terre. Celui qui nous aime, nous a délivrés de nos péchés au prix de son sang et a fait de nous un royaume de prêtres pour Dieu son Père. » (Ap 1, 5-8)

Nous avons cette certitude qu’il nous a lui-même convoqués, qu’il va nous guider lors de ces assemblées générales et du Chapitre Général ; conscients que tout notre effort doit se concentrer à être de meilleurs apôtres de Jésus-Christ, de meilleurs évangélisateurs, de meilleurs témoins de son Royaume, c’est-à-dire de meilleurs témoins du bien, de la vérité et de la grâce.

Je vous demande d’être toujours des apôtres de Jésus-Christ et que, dans cette mission, vous continuiez à prier intensément pour nous qui serons au Chapitre ou aux assemblées afin que nous exprimions ensemble le don reçu, sûrs que le Seigneur nous accompagne. Je suis reconnaissant des initiatives de prière locales, provinciales et internationales. Je vous invite tous à participer à une journée d’intercession qui aura lieu le vendredi 16 novembre, jour précédant le début du Chapitre et des assemblées générales, pour que le Seigneur accorde la grâce au mouvement Regnum Christi d’agir en ce moment comme il le voudrait. Vous trouverez des prières et lectures grâce à ce lien.

Je vous quitte en vous assurant de mes prières et en sollicitant les vôtres.
Bien affectueusement dans le Christ,

P. Eduardo Robles-Gil, LC

 

Vous trouverez ici le document qui pourra aider ceux qui souhaitent s’unir à une adoration du Saint-Sacrement le 16 novembre prochain.

Télécharger la Prière pour le processus de renouveau de Regnum Christi.