Rendre son Règne présent dans le monde

Soumis par Regnum Christi le dim 25/11/2018 - 23:08

À Paris et à Bordeaux, les membres et amis de Regnum Christi se sont retrouvés pour la célébration de la fête patronale du Mouvement le week-end des 24 et 25 novembre derniers. 

À l’église Notre-Dame d’Auteuil à Paris, les membres et amis de Regnum Christi ont participé à la messe dominicale de la paroisse concélébrée avec six légionnaires du Christ. Dans ses mots de bienvenue, le P. Olivier Teilhard de Chardin, curé, s’est réjoui de célébrer cette fête du Christ-Roi et a souligné que nous « recueillons en ce jour la joie et la liberté d’être unis dans l’unique corps du Christ suffisamment libres pour nous donner par amour pour le salut du monde, dans le Christ, notre Seigneur ». Il a souhaité la bienvenue à tous les membres de Regnum Christi « avec beaucoup de joie » et remercié ses « frères prêtres qui aident dans la mission quotidienne à Notre-Dame d’Auteuil ». 

Dans son petit mot d’accueil, le P. Paul Habsburg, LC, s’est ainsi exprimé : « C’est notre fête patronale aujourd’hui car le but de notre Mouvement est de servir cette grande cause de l’Église que le Christ soit Roi dans le cœur de chacun de nous, dans la société et dans l’Église. Nous souhaitons rendre présent dans le monde le mystère du Christ qui réunit les apôtres, les disciples, et les envoie dans le monde pour évangéliser. »

Après la messe, la fête a continué au centre paroissial avec un déjeuner partagé et la conférence-témoignage du P. Olivier sur « la joie d’être curé ». 

La veille, à Paris ainsi qu'à Bordeaux, ont eu lieu des activités de l'ECyD. Les jeunes ont animé l'adoration eucharistique dans l'église du Sacré-Cœur de Bordeaux et à Paris plusieurs jeunes ont prononcé leur alliance avec le Christ (voir la vidéo). Comme tous les ans, les jeunes filles de l'ECyD Paris sont allées à la rencontre des sans-abris pour des moments de partage.

À Bordeaux, les prêtres, laïcs et consacrées de Regnum Christi ont prononcé le renouvellement de leur engagement lors de la messe dominicale suivie du déjeuner partagé, animé par les jeunes de l'ECyD.

 

Retrouvez ci-dessous le texte de l'homélie du P. Roger Villegas, LC 

La royauté du Christ

Une visite de notre église d'Auteuil

Nous pourrions comparer l’année liturgique à une visite de notre église d’Auteuil. Après avoir monté les sept marches de l’entrée, nous nous retrouvons dans l’arrière-porche, lieu d’attente et lieu d’espérance (espérance de trouver une chaise libre pour la messe de 11h), c’est le symbole du temps de l’Avent. En entrant, au fond de l’église, nous retrouverons bientôt la crèche du P. Jean-Philippe, qui nous rappelle la joie de Noël ; la chapelle au fond à droite, dite des fonts baptismaux, et la chapelle au fond à gauche, dite « des morts » ou « des âmes du purgatoire », nous rappellent le baptême du Seigneur et notre propre baptême, par lequel nous sommes morts avec Jésus pour ressusciter avec lui. La mort pour le chrétien n’est pas quelque chose à venir, elle est un événement du passé. Ancrés dans l’espérance, nous attendons notre passage à la vie. Pilier après pilier, dimanche après dimanche, nous avançons vers la cœur de l’année liturgique, dimanche de Pâques, non sans monter les dernières marches, qui symbolisent la montée du temps de eCarême. Ici autour de l’autel, chaque dimanche, nous offrons le sacrifice pur et saint, le sacrifice parfait, pain de la vie éternelle et coupe du salut et nous chantons : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, NOUS ATTENDONS TA VENUE DANS LA GLOIRE. » Notre visite n’est pas terminée. Sur la voûte en cul-de-four de la chapelle de la Vierge, l’image imposante du Christ d’inspiration byzantine, due à Henri Compans, nous rappelle que Jésus est déjà venu dans la chair, mais qu’il doit encore revenir dans la gloire, lui, le Roi et Souverain de l’univers, vainqueur du mal et du péché, le prince des rois de la terre.

Une fête d'espérance

La fête du Christ-Roi est une fête d’espérance, parce que le livre de l’histoire est entre les mains du Christ, il est l’Alpha et l’Omega, celui qui a écrit le premier mot et celui qui en écrira le dernier. Et l’histoire, de même que l’année liturgique, se terminera avec le Règne définitif et éternel du Christ. Certes, il y a des chapitres tristes dans ce livre et parfois, nous sommes tentés d’arracher ces pages douloureuses au risque de rendre l’histoire incompréhensible dans le grand projet de Dieu. Même quand nous montons les marches du Carême, le regard de Jésus victorieux nous accompagne. La foi dans la victoire du Christ n’est pas une simple croyance source de consolation subjective dans le non-sens de l’histoire. Le chrétien sait en qui il a mis son espérance et son espérance n’est pas vaine. Dans ce contexte du centenaire de la guerre de 14-18, permettez-moi d’illustrer cette espérance par une image tirée de la deuxième Guerre Mondiale. Lorsque les français de l’intérieur du pays ont appris la nouvelle du débarquement en Normandie une flamme d’espérance s’est allumée. Après une première période d’incertitude, encerclés par l’ennemi, l’espérance d’une libération a enflammé leur cœur, une force nouvelle faisait bouger les choses et elle a fini par libérer tout le continent. La bonne nouvelle n’est pas une parole vide, mais une parole, une force qui engendre libération au cœur du monde. Le pape François a écrit des pages merveilleuses sur cette force de la résurrection qui pénètre le monde :

« Il est vrai que souvent Dieu semble ne pas exister : nous constatons que l’injustice, la méchanceté, l’indifférence et la cruauté ne diminuent pas. Pourtant, il est aussi certain que dans l’obscurité commence toujours à germer quelque chose de nouveau, qui tôt ou tard produira du fruit. Dans un champ aplani commence à apparaître la vie, persévérante et invincible. La persistance de la laideur n’empêchera pas le bien de s’épanouir et de se répandre toujours. Chaque jour, dans le monde renaît la beauté, qui ressuscite transformée par les drames de l’histoire. » (Exhortation apostolique Evangelii Gaudium)

La royauté du service

C’est la force du règne que Jésus est venu répandre dans le monde : règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté, règne de justice, d’amour et de paix. Quel est l’homme, quelle est la femme, qui ne rêve pas d’un monde où règnent l’amour, la justice et la paix ? Annoncer Jésus aujourd’hui n’est pas, comme certains le pensent, un acte de prosélytisme, mais le service qui nous est demandé pour le bonheur de nos frères. « En réalité, c’est Jésus que vous cherchez quand vous rêvez de bonheur » disait saint Jean-Paul II aux jeunes rassemblés à Rome en l’année 2000 pour les JMJ. Si aujourd’hui l’évangéliste saint Jean nous révèle la royauté du Christ dans le contexte de la Passion, c’est pour nous montrer que la puissance de Dieu n’est pas celle des hommes. Jésus est un roi qui nous attire par sa croix, il ne nous séduits pas par l’amour de la puissance, mais par la puissance de l’amour d’un Dieu qui donne sa vie jusqu’au bout. Sa royauté n’est pas politique, même pas messianique. Sa royauté est celle d’un roi souverainement libre pour choisir dans sa grandeur de se faire petit. Et nous les serviteurs de ce Roi, nous ne partageons pas une puissance, nous partageons un service envers les plus petits de ce monde.

Que ton Règne vienne !

Le livre de la vie sur lequel est écrit mon nom n’est pas confié à un souverain despotique et capricieux. Il est confié à celui « qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, qui a fait de nous un royaume et des prêtres pour son Dieu et Père » (Ap 1, 5-6). De sa main gauche il nous rassure et nous soutient, de sa main droite il nous bénit et nous envoie. Dans la barque de l’Église, même quand éclate la tempête, nous dormons paisiblement comme l’enfant à qui les voyageurs étonnés posent la question : - Petit, tu n’as pas peur de cette tempête ? Non, le capitaine du bateau c’est mon Papa.

L’espérance qui engendre en nous la victoire du Christ est appelée à se transformer en force d’engagement pour le monde. Nous prions aujourd’hui de manière spéciale : Que ton Règne vienne ! Que ton Règne de justice d’amour et de paix s’établissent dans nos cœurs, dans nos pensées, dans nos actions. Que ton Règne vienne, Seigneur, dans notre communauté paroissiale, dans la vie du monde, au sein de mon école, de mon entreprise. Je termine avec une belle prière des laudes de la IIe semaine qui nous rappelle que la puissance de l’Évangile pénètre et travaille le monde à la manière d’un ferment. Dans cette prière, l’Église, épouse, élève la voix vers son époux et roi pour lui demander de « veiller sur tous ceux qui ont à répondre à leur vocation chrétienne au milieu des occupations de ce monde : qu’ils cherchent toujours l’Esprit du Christ, pour qu’en accomplissant leurs tâches d’hommes, ils travaillent à l’avènement de ton Règne ».

 

Vidéo : images de la célébration du Christ-Roi à Notre-Dame d'Auteuil à Paris