Le volontariat ECyD

Soumis par Regnum Christi le ven 23/11/2018 - 00:49

L’instrument de travail du synode des évêques sur les jeunes aborde à plusieurs reprises la question du volontariat. S’engager pour des causes nobles est une manière de donner sens à notre vie et pour certains une étape vers la rencontre avec Dieu. Cet été, le programme international des volontaires de l’ECyD a eu lieu en France. Le P. Roger Villegas, LC, aumônier, nous livre le récit de cette expérience.

En tant que chrétiens nous savons que la cause la plus noble est celle de l’Évangile. Le numéro 195 de l’instrument de travail parle spécifiquement du volontariat missionnaire comme d’un « don particulier que l’Église peut offrir à tous les jeunes ». J’en ai fait l’expérience cet été en accompagnant comme aumônier les volontaires de l’ECyD en France. Un volontaire est un jeune, membre de l’ECyD, entre 15 et 16 ans, qui offre un moment de sa vie, en général ses vacances, pour se rendre disponible au Christ et à son Église dans un endroit où l’on a besoin de lui (Statuts de l’ECyD 31, 1). Ce programme existe depuis quelques années dans d’autres pays et avec l’équipe de formateurs de Paris nous avions considéré important d’ouvrir à nos grands adolescents la voie du volontariat international avec un programme adapté et de faire découvrir à nos jeunes un aspect qui est inscrit dans l’ADN de l’ECyD : la dimension internationale.

À ce propos, Martin, jeune volontaire français, raconte :

« Grâce à ce programme on sent l’ECyD comme une organisation catholique internationale, les pays changent, mais l’esprit est le même. J’ai découvert la foi des gens de nationalités différentes, mais surtout l’unité des catholiques dans le monde. Par exemple, une nuit nous dormions sous la tente et un énorme orage éclata. Nous avons eu peur et avons prié ensemble. Cette unité m’a beaucoup touché.»

Le programme du volontariat ECyD

En effet, le programme prévoit l’accueil des volontaires en France, l’envoi de volontaires dans d’autres pays et la possibilité pour les français de faire aussi cette expérience dans leur propre pays. Cet été nous avons accueilli neuf jeunes du Brésil, Salvador et Mexique ; un français a participé au programme en Irlande et quatre autres français sont restés dans leur propre pays. Les deux grands défis d’un programme en France, à mon avis, sont de faire entrer les jeunes dans la réalité de Regnum Christi au service de l’Église en France et la barrière de la langue. Pour cela, avec notre équipe d’encadrants, nous avons décidé de faire plonger les jeunes volontaires dans le service paroissial comme première étape de leur mission. Ils ont animé avec grand enthousiasme un camp à Notre-Dame d’Auteuil et participé à d’autres tâches comme le déménagement des deux familles syriennes accueillies par la communauté paroissiale. L’accueil du curé, de la communauté et des familles qui les ont logés a été exceptionnel. À la fin du camp, une maman écrivait : « Un immense merci pour mon fils qui a énormément aimé sa semaine et tous les encadrants dont il me parle beaucoup. Quel bel exemple de voir les jeunes qui aident et qui donnent de leur temps pour nos enfants ! J'espère que lui, à 17 ou 18 ans, sera à son tour capable et donnera de son temps pour être volontaire. »

Ensuite, les volontaires ont découvert l’activité principale de l’ECyD en France : les camps. Au camp Top Aventure à Thonon-les-Bains ils ont goûté à ce monde des camps d’été sportifs et spirituels du côté de l’équipe d’animation. En préparant des activités sportives et spirituelles, les volontaires ont découvert la joie de vivre pour les autres. Ils ont pu aussi prier et se ressourcer en pélerinant sur le chemin de Saint-Jacques. Joseph se souvient :

« Ce mois passé comme volontaire de l’ECyD a été une des expériences les plus enrichissantes de ma vie. J’ai développé la joie et la volonté d’animer les activités et camps pour les plus jeunes. J’ai vécu une expérience inoubliable à propos de ma foi pendant notre pèlerinage sur le chemin de Saint-Jacques. Enfin, ce camp avec les volontaires a été incroyable, on a créé des amitiés même avec les différences de langues. »

La dernière étape du programme s’est déroulée à Lourdes sous le regard maternel de Marie et au service des malades. Après 60 kilomètres de marche, les volontaires ont découvert ce lieu incontournable de la géographie spirituelle française.

Transmission de la foi entre jeunes

Au regard de ces activités diverses et variées, quel est l’objectif ? Peu importe le pays ou le type de mission, les objectifs du programme sont les mêmes : que le jeune fasse une expérience missionnaire (formation apostolique dans le langage ECyD) avec des jeunes de son âge ou des plus petits, qui l’aide à grandir dans l’amour pour le Christ et pour les autres avec un esprit

de don de soi et de générosité. Cette finalité oriente tout le projet pédagogique du programme, c’est-à-dire que les adolescents sont impliqués directement dans la transmission de la foi aux plus jeunes dans l’action et non pas dans la théorie. Ils commencent à donner ce qu’ils ont reçu dans les étapes précédentes, et certains, en partageant la foi, la retrouvent. Personnellement j’ai été surpris par la puissance du message de ces adolescents qui ont organisé un jeu sur les 7 péchés capitaux, une véritable catéchèse pour les plus petits, qui ont mis en scène un Chemin de Croix vivant, qui ont préparé la messe avec enthousiasme pour les plus jeunes. En contemplant ce spectacle je me suis souvenu des paroles du pape François à Rio : « Le meilleur moyen pour évangéliser un jeune, c’est un autre jeune. »

Paul (15 ans, ECyD Paris) témoigne :

« Ce programme m’a aidé à me préparer pour devenir animateur et responsable d’équipe. Nous avons appris à mener un groupe d’enfants dans des activités en plusieurs langues, mais aussi à travailler avec les autres animateurs dans l’organisation des jeux. »

L’été du volontariat pour la fille ou le garçon de la quatrième étape de l’ECyD (15-16 ans) constitue un point d’aboutissement dans sa vie et un bon fruit de la pédagogie ECyD : rencontres, décisions et convictions. Nous pourrions parler de ces trois mots clés comme d’un chemin de discernement, un style de vie, si nous osons les comparer aux trois verbes qui structurent l’instrument de travail du synode : reconnaître, interpréter et choisir. La rencontre avec l’amour de Dieu et avec les besoins du frère porte l’adolescent à s’interroger sur ce qu’il peut faire pour que plus d’hommes connaissent la Bonne Nouvelle. De la conviction profonde de se savoir aimé naît la décision de donner un été, quelques semaines, pour collaborer avec la mission de l’Église et faire que d’autres connaissent l’amour du Christ. La mission n’est pas le résultat de l’initiative humaine, mais la rencontre avec l’amour de Dieu : « La première motivation pour évangéliser est l’amour de Jésus que nous avons reçu, l’expérience d’être sauvés par lui qui nous pousse à l’aimer toujours plus. Mais, quel est cet amour qui ne ressent pas la nécessité de parler de l’être aimé, de le montre » (Evangelii Gaudium, no 264).