Installation du curé à Notre-Dame de Boulogne

Soumis par Regnum Christi le mer 06/11/2019 - 22:48
Le dimanche 6 octobre dernier a eu lieu l’installation du P. Henri Duc-Maugé, LC, en tant que curé de la paroisse Notre-Dame de Boulogne qui a été confiée à la congrégation par Mgr Matthieu Rougé, évêque du diocèse de Nanterre. Le P. Henri y est assisté de deux vicaires : les pères Raymond Macías et Leopoldo Sayegh, LC, ainsi que de Jacques Averbuch, diacre permanent. Le P. Valentin Gögele, LC, a concélébré la messe à laquelle plusieurs personnalités, dont le maire de la ville de Boulogne-Billancourt, ont assisté.

Voir les photos de la messe d'installation sur flickr.

Découvrez les témoignages des membres de la nouvelle équipe presbytérale :

P. Henri Duc-Maugé, LC, curé : « Aujourd'hui, c'est avec vous que le Seigneur me demande de cheminer. » 

Je suis né le 17 février 1964 à Lyon (je suis donc un enfant du Concile Vatican II), dernier d’une fratrie de cinq enfants (trois filles et deux garçons, ‘quinté plus’ dans l’ordre) ; les deux garçons sont prêtres Légionnaires du Christ.

J’ai passé mon enfance dans un petit village de campagne qui, au fil des ans, est devenu un village dortoir pour les personnes travaillant à Lyon. Nous vivions à côté de l’église qui rythmait la vie dominicale avec la messe de 9h célébrée par un prêtre venant d’un village voisin un peu plus important. Ma famille était donc pratiquante et mes parents nous ont aidés à traverser les années 70 et 80.

À l’entrée en seconde, j’ai « immigré » à Lyon pour les trois ans de lycée puis cinq ans d’université. J’ai achevé mes études, en 1987 avec une maîtrise de géologie. L’étude des sols, de leurs caractéristiques en vue de la construction d’édifices importants était devenue ma spécialité.

En 1978, la mort de Paul VI puis, après les 33 jours de Jean-Paul Ier, l’arrivée de Jean-Paul II sur le siège de Pierre marqua un tournant. Je n’avais jamais remis en question la formation chrétienne reçue en famille et en paroisse, et l’arrivée de ce pape qui vint en France en 1980 pour nous lancer un défi : « France, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? » me conduisit à me poser sérieusement la question du sacerdoce. Qu’avais-je fait des promesses de mon baptême ? Et surtout, qu’est-ce que le Seigneur attendait de moi ? Question délicate s’il en est et qui ne trouvera une première réponse qu’en 1983, au cours d’un pèlerinage à Rome. Pour la première fois, je visite un centre de la congrégation des Légionnaires du Christ. Il est vide lors de mon passage, mais l’impression est forte : je crois avoir trouvé la première partie de la réponse : « Si Dieu m’appelle, c’est ici, dans cette communauté ! » Je connaissais d’autres communautés naissantes (communauté Saint-Jean, communauté Saint-Martin) ou plus anciennes (bénédictins, chartreux, trappistes, etc.), mais c’est cet éclair de quelques minutes passé dans cette communauté dont je ne connaissais pas l’existence avant d’en franchir le seuil qui m’interpellait.

Le Seigneur, comme un bon berger, me laissa paître encore quelques temps sur les bancs universitaires tout en me donnant l’occasion de revenir par deux fois à Rome pour passer quelques jours avec cette communauté pendant les Semaines Saintes 1986 et 1987. La dernière fut la bonne pour que la décision soit prise ; il ne restait plus que le service militaire (il était encore de mise à cette époque) pour pouvoir faire mon entrée au noviciat en 1988, à Salamanque en Espagne.

L’aventure commençait.

Trois ans en Espagne, une dizaine d’années passées entre Rome, pour les études de philosophie et théologie, la France et la Suisse, pour l’apostolat (stage pastoral de quelques années) et l’ordination sacerdotale venait couronner le tout le 2 janvier 2001, à Rome en fin d’année jubilaire.

Après deux ans comme vice-recteur d’un petit séminaire en Seine et Marne, je suis parti au Canada pour aider comme responsable des études du petit séminaire que nous venions de fonder dans ce pays et du noviciat.

En novembre 2008, je suis revenu en France pour aider notre provincial, tout d’abord comme secrétaire puis comme aumônier des consacrées de Regnum Christi (mouvement d’apostolat, associé à notre communauté) qui étaient installées rue de la Rochefoucauld à quelques pas de Notre-Dame de Boulogne.

Aujourd’hui, c’est avec vous que le Seigneur me demande de cheminer. Je vous porte tous dans mes prières et confie ce ministère aux vôtres.

 

P. Raymond Macías, LC, vicaire : « Je suis content et plein d'enthousiasme pour commencer cette nouvelle mission. »

Comme vous le savez, je viens d’être nommé comme vicaire de la paroisse et je suis très content et plein d’enthousiasme pour commencer cette nouvelle mission que ma congrégation et Mgr Rougé, évêque de Nanterre, m’ont confiée.

Je suis prêtre de la congrégation des Légionnaires du Christ et jusqu’à l’année dernière, j’étais en Irlande où je m’occupais d’un pensionnat que notre communauté dirige à Dublin.

Voici maintenant quelques étapes de mon histoire personnelle.

Je suis né le 19 novembre 1962 à Montréal au Canada. Mes parents sont mexicains. Mon père était au Canada à cause de ses études. Puis nous sommes retournés à Mexico où j’ai vécu pendant mon enfance et mon adolescence. J’y ai fait mes études dans une école des frères maristes.

Concernant ma vocation, je peux dire que la première visite du pape saint Jean-Paul II à Mexico en 1979 m’a profondément marqué. J’avais alors 16 ans. C’est à ce moment-là que j’ai fait la connaissance du mouvement Regnum Christi. Après mon bac, j’ai commencé des études de relations internationales et c’est après une année que je me suis rendu compte que Dieu m’appelait à lui consacrer ma vie.

J’ai commencé comme consacré de Regnum Christi puis je suis ensuite parti faire des études de droit en Espagne en 1983. C’est en 1988 que j’ai commencé mon noviciat au sein de la congrégation des Légionnaires du Christ. En 1990, mes études de philosophie et de théologie m’ont conduit à Rome et j’ai été ordonné prêtre en 1997.

Une mission dans la pastorale des jeunes et des familles de notre Mouvement m’a fait venir en France de 1997 à 2008. Je suis ensuite retourné au Mexique pour diriger l’un de nos établissements scolaires de 2008 à 2014. Et depuis 2014 je dirigeais un pensionnat en Irlande, comme je vous l’ai dit précédemment.

Maintenant, le Seigneur m’appelle à nouveau en France, votre beau pays.

En plus de mes responsabilités de vicaire, je serai prêtre référent du lycée Notre-Dame de Boulogne et de l’école et du collège Saint-Joseph du Parchamp, tout en travaillant dans la pastorale familiale de Regnum Christi.

Je suis à votre service soit à l’église Notre-Dame, soit au presbytère au 2 rue de Verdun.

 

Jacques Averbuch, diacre permanent : « Je suis très heureux dans cette vocation d'accompagnement des personnes au quotidien. »

Je suis né le 27 janvier 1930. Juif, j’ai échappé à la déportation. 17 juillet 1942… Mes parents sont embarqués par la Police française. J’échappe de très peu à la déportation. Je suis alors recueilli par une famille qui va changer ma vie.

Nos parents, d’origine juive polonaise, menaient une vie sans histoire dans le 18e arrondissement de Paris quand, en 1939, notre père fut mobilisé. Il nous envoya, maman (enceinte) et nous, les deux aînés, à Châteaubriant, où des familles accueillaient les réfugiés. C’est là-bas, hébergés dans la famille Roul, que maman accoucha d’un petit Marcel. Puis en septembre 1940, papa, démobilisé, nous rappela à Paris. La vie reprit son cours. Jusqu’à ce 17 juillet 1942…

Nous avons dit au revoir à nos parents

Il est cinq heures du matin lorsque deux agents de la Police française en civil font irruption dans l’appartement familial. Ils nous prient de les suivre. Mais sur leur liste, un nom manque. Celui de Paulette, ma sœur aînée. Elle tient toutefois à nous accompagner. Hésitant, l’un des agents demande que faire avec cette jeune fille non répertoriée. L’officier allemand présent souhaite d’abord que tout le monde suive le mouvement puis il se rétracte. « On verra plus tard pour les enfants. » Après avoir dit rapidement « au revoir » à nos parents, nous nous retrouvons seuls tous les trois. Marcel, notre jeune frère, n’a que deux ans et demi.

C’est alors que Paulette a l’idée de reprendre contact avec la famille qui nous avait accueillis à Châteaubriant. Elle leur envoie un télégraphe, en expliquant la situation. La réponse ne se fait pas attendre : « Venez, nous vous attendons. » Nous demeurerons chez les Roul jusqu’en 1946, sans être jamais inquiétés.

Générosité et respect

Chez les Roul, un grand esprit de foi domine. Sur les six enfants, trois deviendront prêtres. La générosité de cette famille est pétrie de respect. Vivre au milieu de chrétiens témoins par leurs actes m’aide à rencontrer le Christ et à vouloir devenir son disciple. Je demande donc le baptême. Paulette est déjà baptisée et fréquente les Guides.

En septembre 1946, nous rentrons à Paris. L’immeuble où nous habitions avec nos parents a été détruit par un bombardement américain… qui a fait 36 morts. Une nouvelle fois, nous avons échappé au pire ! Nous voilà sans maison, sans famille et sans travail… Mais la Providence veille. Nous trouvons chacun refuge dans un foyer et nous nous donnons régulièrement rendez-vous… sur les quais du métro ! Jusqu’au bout, ma sœur, mon frère et moi-même avons cru que nos parents reviendraient.

C’est alors que je décide de rentrer au séminaire. En effet, l’idée de devenir prêtre s’imposait à moi. Puis, après Paris, un accroc de santé m’envoie au grand séminaire d’Aix-en-Provence pendant un an. Mon état ne s’améliore pas et je comprends que sans doute ma vocation est ailleurs… Sorti du séminaire, je fais des travaux de manœuvre, puis je reprends des études et trouve un poste de comptable.

Un signe d’amour

Au cours des années suivantes, vivant dans un immeuble à esprit communautaire, j’ai pris conscience des mille et une misères humaines et j’ai eu la certitude que Dieu m’appelait à être son serviteur, proche des hommes et des femmes qui m’entouraient et modestement, un signe de son amour.

En 1994, j’ai été ordonné diacre permanent. Je suis très heureux dans cette vocation d’accompagnement des personnes au quotidien. Je le dois aussi à ma sœur Paulette sans laquelle je n’aurais pas échappé à la déportation. Elle a de plus toujours été à mes côtés.

Aujourd’hui, je me dis que le sacrifice de nos parents a porté ses fruits dans nos vies comme le grain tombé en terre. Je n’éprouve aucun ressentiment. Je sais chaque jour un peu mieux que, dans chaque mort, il y a une résurrection.

Lisez le témoignage de Jacques Averbuch dans l'1visible
Écoutez son témoignage lors de la Soirée T - Apprentis d'Auteuil (10 avril 2018)

 

 

P. Leopoldo Sayegh, LC, diacre : « J'aimerais apporter de la joie, de l'unité et de la miséricorde à la paroisse Notre-Dame de Boulogne. »

Je suis né à Caracas le 16 octobre 1987 et j’ai deux frères et une sœur. J’ai participé aux activités proposées par Regnum Christi pour les collégiens et lycéens (ECyD) à Caracas avant de m’engager au sein de Regnum Christi comme adulte.

Entré dans la congrégation des Légionnaires du Christ en 2005, j’ai ensuite fait mon noviciat pendant deux ans à Monterrey, au Mexique, et ma première profession le 12 août 2007. Deux années d’humanités classiques me font découvrir la Castille puisque je réside à Salamanque, en Espagne. Par la suite, j’ai effectué un stage apostolique de trois ans à Mexico en tant qu’instructeur de formation à l’Institut Cumbres (collège-lycée) et coordinateur de la pastorale de l’ECyD de cette ville. En parallèle, j’ai obtenu un diplôme en compétence de direction à l’Université Anahuac de Mexico et, de retour à Rome, un mastère en philosophie à l’Athénée pontifical Regina Apostolorum. Je viens de terminer mes études de théologie et je prépare actuellement un mastère en théologie du corps à l’Institut de Théologie du Corps de Lyon.

C’est le 20 août 2016 que j’ai prononcé ma profession perpétuelle. J’ai été ordonné diacre par Mgr Raul Biord, évêque de La Guaira, le 20 juin dernier à Caracas, en compagnie de mon frère Elias, légionnaire du Christ aussi.

Mon ordination sacerdotale est prévue le 2 mai 2020 à Rome. Vous êtes tous chaleureusement invités !

C’est l’éducation à la foi reçue en famille, la communion fréquente, la participation aux activités de l’ECyD, les missions d’évangélisation en Amazonie avec Jeunesse missionnaire, la vie au sein de Regnum Christi qui m’ont conduit à penser au sacerdoce. Les moments les plus forts où j’ai ressenti mon appel ont été, chaque année, pendant l’adoration eucharistique du Jeudi Saint.

Depuis mon entrée au noviciat, j’ai vécu de très beaux moments mais aussi des moments difficiles comme, par exemple, une période de fatigue après mon stage apostolique au Mexique. Il est bien de voir que le Seigneur ne nous abandonne pas, qu’il est fidèle à ses promesses et que celui qui a commencé son œuvre en nous la mènera à son terme.

Mes moments les plus heureux ont été d’immenses grâces reçues aux pieds de la Vierge de Guadalupe, au Mexique. C’est la dévotion à la très sainte Vierge et la proximité de Dieu-Eucharistie qui m’ont le plus soutenu dans mon chemin vers le sacerdoce. Les saints ont aussi une bonne place dans mes dévotions car ils sont nos meilleurs amis. Je suis proche de saint Jean-Paul II, du Padre Pio, de Thérèse de Lisieux, de Mère Teresa de Calcutta, de saint François d’Assise, de saint Leopoldo Mandic, de saint Jean-Marie Vianney.

Pour moi, être prêtre, c'est être témoin d'un chemin de grâce et de miséricorde que Dieu offre à ses enfants bien-aimés. C’est quelqu’un qui rend Jésus-Christ présent en étant là, avec ses paroles, ses actions et son témoignage. Il le rend particulièrement présent dans la célébration des sacrements, la prédication et l’accompagnement spirituel.

Avant d’arriver en France, on m’a demandé : qu’aimeriez-vous apporter à la paroisse Notre-Dame de Boulogne ? Ma réponse a été de la joie, de l’unité et de la miséricorde. Je compte sur vous pour y arriver.