« Un feu intérieur pour la nouvelle évangélisation »

Soumis par Regnum Christi le mer 21/03/2012 - 10:06

Le Père Sylvester Heereman, LC, a accordé cet interview au magazine « L » des légionnaires du Christ en Allemagne que nous remercions pour son autorisation.
Le 16 février 2012, le Cardinal de Paolis, CS, délégué pontifical pour les légionnaires du Christ a nommé le Père Sylvester Heereman, LC, vicaire général de la congrégation et du mouvement d’apostolat Regnum Christi. Jusqu’à ce jour le Père Sylvester était directeur territorial de la province d’Europe occidentale et centrale.

« L » magazine. Cher Père Sylvester, merci beaucoup pour le temps que vous nous accordez ! Il y a quelques semaines, vous avez été nommé vicaire général des Légionnaires du Christ et du Regnum Christi. Comment avez-vous reçu cette nomination personnellement et comment l’avez-vous assimilée durant ces dernières semaines ?

P. Sylvester Heereman. A vrai dire, je ne m’attendais pas à cet appel et par conséquent j’ai été très surpris de recevoir un email du Cardinal de Paolis, dans lequel il me priait de me rendre disponible pour une conversation téléphonique. Lors d’un entretien personnel à Rome, j’ai encore tenté de lui donner des arguments contraires, mais apparemment ils ne furent pas convaincants. Par la suite, la surprise devint de la frayeur…qui m’a empêché de m’endormir, pendant deux ou trois nuits. A la frayeur succéda l’étonnement et également de la gratitude pour cette confiance, à mes yeux imméritée, et enfin la paix intérieure dû à la conscience que le bon Dieu devait savoir ce qu’il faisait. Je ne sais pas si je suis à la hauteur de cette tâche, si je puis suffire aux attentes et aux exigences. Cette incertitude humaine m’a aidé à renouveler ma confiance en Dieu et à me souvenir que finalement je ne dois rendre des comptes qu’à Lui. Cette disposition d’esprit tient toujours et me donne la paix.

P. Sylvester, votre ancienne province n’accepte que difficilement de vous laisser partir. Comment résumeriez-vous votre travail et les évolutions des dernières années?

Il ne m'appartient pas de tirer un bilan des choses auxquelles nous sommes parvenues ou non, des succès et des échecs. Cela étant, bien sûr quelques points me viennent à l’esprit tout de suite. Dans le domaine du visible j’ai pu accompagner et vivre le succès de plusieurs projets : la fondation de l'école apostolique d'Allemagne, le sauvetage définitif de l’école en Hongrie, l’achat du noviciat en Bavière, le regroupement réussi des territoires d’Europe occidentale et centrale (ndt : depuis juin 2011, ont été regroupées la province constituée de la France, l'Irlande, la Suisse, la Belgique et celle d'Allemagne, Autriche, Hongrie, Pays-Bas, Pologne). Avec une joie particulière je regarde les évolutions positives des apostolats de Regnum Christi, portés par des laïcs. Le mérite en revient dans bien des cas aux nombreux confrères et collaborateurs dans les fonctions tant salariés que bénévoles.
Mais ce sont surtout les nombreux fruits invisibles que j’emmène dans ma nouvelle mission : la purification de ma vocation personnelle et celle de la coopération parmi les légionnaires du Christ, grâce au travail de renouvellement lié à la crise du fondateur ; une plus profonde compréhension de la vocation des laïcs à la sainteté et à l’apostolat, ce qui constitue un point essentiel de notre charisme ; l’apprentissage du travail en équipe et surtout la conviction approfondie que tout défi peut être relevé dans la confiance en la grâce de Dieu et en la bonne volonté de ceux qui nous entourent.

Pourriez-vous expliquer à nos lecteurs le rôle et les responsabilités d’un vicaire général? Préférez-vous un style de travail particulier ? Sur quoi aimez-vous bien insister dans votre travail d'équipe?

Le vicaire général dans notre communauté est avant tout un membre du conseil général. Le conseil général consiste en six membres qui assistent le supérieur général dans toutes les questions importantes et qui se portent garants des décisions prises. Le vicaire général, comme son nom l'indique, est aussi le premier adjoint du directeur général au cas où celui-ci ne peut exercer sa fonction pour une raison ou pour une autre. Enfin, le supérieur général peut déléguer à son vicaire des charges au sein de la direction de la congrégation. ; je ne sais pas encore exactement lesquelles, puisque je ne serai complètement en poste que lorsque le Père Andreas Schöggl prendra ses fonctions de directeur territorial le 15 avril.

Où voyez-vous les axes essentiels de votre travail et de votre responsabilité ?

Indépendamment des compétences concrètes dans le conseil général, je perçois ma responsabilité principale comme le soutien du Délégué Pontifical et du directeur général dans l’effort commun en faveur du processus de renouvellement. Ad intra, nous souhaitons amener sur ce chemin les confrères de toutes générations et de tous continents. Cela exige une disposition au dialogue et une présence personnelle constantes. Nous souhaitons accompagner et soutenir avec empathie les processus nécessaires de réconciliation et de guérison. Nous souhaitons également profiter avec force de l’immense opportunité que constitue ce nouveau départ institutionnel, afin de réaliser tout notre travail pour mettre notre communauté encore plus en situation de servir l’évangélisation. Il s’agit là d’un côté de surmonter les maladies d’enfance d’une jeune congrégation et d’un autre bien sûr de la purification des dommages dues au comportement et au style de direction du fondateur. Il est d’une même importance, qu’en tant que communauté nous nous souvenions de nos talents, que nous les menions à un plein épanouissement et à leur mise en action.

…et en quoi voyez vous exactement ces talents ?

Je parle d’une spiritualité centrée sur Jésus-Christ comme ami vivant et modèle concret - un feu intérieur pour la nouvelle évangélisation. Une conscience profonde que nous appartenons à l’Eglise catholique et qu'ainsi nous avons une boussole sûre dans l’obéissance au Saint-Père et aux évêques. Une formation solide, une vie de communauté joyeuse et assidue. La volonté et la capacité de travailler à la proclamation de l’Evangile dans un travail d’équipe dans lequel les laïcs ont à jouer un rôle principal dans beaucoup d’aspects.

Vous en avez déjà parlé, votre nomination survient lors du processus de renouvellement des Légionnaires du Christ et du Regnum Christi. Où se trouvent, selon vous, le mouvement et la congrégation dans ce chemin, et comment pensez-vous vous engager dans l’avenir ?

La révision de la constitution, comme j'ai eu l'occasion de l'expliquer antérieurement, progresse comme prévu, avec la collaboration de tous les membres. Elle devrait être terminée à la fin de l’année 2013, afin qu’en 2014 puisse se tenir un chapitre général.
Pour les questions qui concernent la vie des hommes et des femmes consacrés, le Délégué et son conseil ont beaucoup entrepris afin de renforcer leur autonomie et afin de mettre en route leur propre processus de révision. Entre le Délégué, entouré par son conseil, et notre direction générale existe un climat de travail constructif et sincère. Nous allons tous dans le même sens et nous pouvons parler de tout et en toute franchise. Je ressens cette aide de l’extérieur comme une vraie bénédiction.
Un de nos défis actuels consiste à ancrer les changements souhaités par le Délégué dans la pratique de tous les jours dans toutes les communautés. Cela prend son temps.

Tout récemment le Délégué Pontifical, le Cardinal Velasio de Paolis, a exprimé à la communauté la confiance que le Saint-Père a en elle, en ce nouveau départ. Comment envisagez-vous l’avenir des légionnaires du Christ et du Regnum Christi ?

Nous serons sûrement encore occupés pendant deux, trois ans ou plus avec les travaux de renouvellement et de reconstruction suite au tremblement de terre dû au fondateur. Cela limite nécessairement nos forces. Mais déjà, aujourd’hui, la grande majorité des confrères et des membres du Regnum Christi se consacrent à nouveau corps et âme à notre mission spécifique, c’est à dire la vocation des laïques à la sainteté et à l’apostolat.

Cher Père Sylvester, nous vous remercions d’avoir bien voulu nous donner cet interview et pour vos paroles sincères. Nous vous souhaitons, et sûrement tous nos lecteurs également, le meilleur pour votre future fonction.