« Dimanche de la Parole de Dieu »

Soumis par Regnum Christi le ven 31/01/2020 - 16:57

 

Anne-Marie Terrenoir : « La Bible nourrit ma foi, je connais mieux celui en qui je mets ma confiance et elle me donne des raisons pour ma foi, une foi adulte. »

Traduit de l'espagnol.

Pour la première fois dans l'Église, une journée expressément consacrée à la Parole de Dieu a eu lieu le dimanche 26 janvier dernier. Par cette célébration, le pape François espère que « la communauté chrétienne se concentrera sur la grande valeur que la Parole de Dieu occupe dans la vie quotidienne » comme il le souligne dans sa Lettre apostolique Aperuit illis du 30 septembre dernier, à l'occasion du 1600e anniversaire de la mort de saint Jérôme.

Pour en savoir plus sur cette célébration, nous avons rencontré Anne-Marie Terrenoir, consacrée du mouvement Regnum Christi, qui étudie actuellement la théologie au Studium Theologicum Jerosolymitanum à Jérusalem. Elle nous livre son témoignage concernant l’importance de cette célébration pour l'Église et pour chaque chrétien.

 

Que signifie cette journée pour l'Église ?

Historiquement parlant, c'est la première fois que nous célébrons le dimanche de la Parole de Dieu. Comme l'explique le pape François dans sa Lettre apostolique Aperuit illis, c'est « un dimanche entièrement consacré à la Parole de Dieu, pour comprendre la richesse inépuisable qui provient de ce dialogue constant de Dieu avec son peuple. » (n° 2) Il s'agit donc d'un appel personnel à tous les enfants de l’Église.

C'est aussi une manifestation du soin pastoral de notre Église, sur le chemin de la nouvelle évangélisation, « afin de raviver la responsabilité que les croyants ont dans la connaissance de la Sainte Écriture et dans le maintien de celle-ci en vie par une œuvre de transmission et de compréhension permanente, capable de donner un sens à la vie de l'Église dans les diverses conditions où elle se trouve ». C'est ce que Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, a déclaré le 17 janvier dernier lors de la conférence de présentation de cette célébration du premier dimanche de la Parole de Dieu.

Et cette journée a « une valeur œcuménique car l'Écriture Sainte indique à ceux qui se mettent dans une attitude d'écoute le chemin à suivre pour arriver à une unité authentique et solide . » (n° 3)

 

Avons-nous oublié la Parole de Dieu ? Pourquoi ?

Je préfère poser la question positivement. Par exemple : dans quelle mesure la Parole de Dieu m'aide-t-elle dans ma vie ? Bien que cela n'enlève rien au fait qu'elle puisse m'aider à me poser la question de savoir quelles sont les causes de son « oubli » ou de sa « faible utilisation ».

Nous pourrions encore mieux connaître la Parole de Dieu et la prendre beaucoup plus en compte dans notre vie, afin qu'elle soit effectivement « la lumière de mes pas, la lampe de ma route » (Ps 118, 105). Mais il existe aussi de nombreuses initiatives déjà mises en œuvre, soit pour expliquer la Bible, soit pour partager et prier avec la Bible dans des communautés de tous âges. Que cela grandisse !

Il est vrai que l'on peut éprouver la crainte de ne pas comprendre le texte biblique ou penser qu'il est réservé aux exégètes. Mais la prédication de Jésus est pour tous, pas pour un groupe privilégié, elle n'exclut personne. Et nous en avons besoin. Et lorsque nous ne comprenons pas certains passages, cherchons une explication ! Elle nous ouvrira à de grandes richesses.

Une autre difficulté est celle de considérer la Bible comme un livre comme un autre, enfin, un « pavé » par sa taille... On s'habitue à des moyens extraordinaires qui sont à portée de main. Comme la Bible, comme l'Eucharistie, comme les personnes qui nous entourent, qui nous aiment et nous soutiennent. Dieu vient à nous dans notre vie quotidienne, il passe par des voies « ordinaires » et parfois nous ne le reconnaissons pas. La Bible n'est donc pas un livre comme les autres !

Dieu révèle, montre, raconte avec des paroles humaines qui il est et qui est l'homme, c’est-à-dire qui je suis. Si je considère que je sais déjà ce qu’il y a dans la Bible ou que je n'en ai pas besoin, je n'ouvre pas la Bible, ou bien je ne la lis plus parce que « je connais déjà ! » Mais ce n'est pas comme ça !

La Bible m'appelle à chaque fois d'une manière nouvelle. C'est comme lorsque quelqu'un que vous aimez vous dit : « Je t'aime ». Vous ne lui reprochez pas de vous l’avoir dit hier et qu’il est encore en train de répéter la même chose. Chaque « Je t'aime » sincère est nouveau et à la fois il renouvelle la relation. Parce que c'est pour moi aujourd'hui. C'est aujourd’hui notre implication pour tous les deux, avec notre passé, notre présent et notre avenir, avec ce dont nous avons joui et souffert hier. Parce que nous sommes à la fois les mêmes qu'hier et en même temps quelque peu différents. Il en va de même pour ce que je trouve dans le texte biblique. Parce qu'il s'agit d'une relation, de MA relation avec le Seigneur. Et de la relation du Seigneur avec moi. Cela m'aide à grandir, à me former en tant que personne, puisque nous grandissons, mûrissons toujours.

 

Comment une lecture assidue de la Bible devrait-elle nous aider dans notre vie quotidienne ?

J'ai déjà commencé à répondre dans la question précédente. Mais j'ajouterais que cela nourrit ma foi. La foi est un don. C'est vrai, je ne me suis pas donné la foi à moi-même. Et comme tout cadeau, il implique une réponse, une responsabilité. C'est-à-dire qu'il faut en prendre soin. La foi est comme l'amitié car c'est une relation de confiance. Si elle n'est pas cultivée et soignée, elle peut être perdue.

Une façon de nourrir ma foi est d'écouter la Parole, de mieux savoir à qui je fais confiance et à quoi on me demande de faire confiance, d'avoir des raisons pour ma foi, une foi d'adulte. Il faut donc et ma foi et ma connaissance de Dieu. Par conséquent, elle éclaire ma vie, elle me permet d'interpréter ce qui m'arrive (plus que je n'interprète l'Écriture). Et cela influence ma vie d'enfant de Dieu, pour vivre selon cette liberté des enfants de Dieu à laquelle je suis appelée. Elle me donne la force de vivre, l'espoir, la raison, la joie, la sérénité intérieure, car de plus en plus « je sais en qui j’ai cru » (2 Tm 1, 12) et elle a des répercussions pour le bien des personnes que je rencontre.

Nous pouvons approfondir par la lecture de l'exhortation apostolique post-synodale Verbum Domini de Benoît XVI sur la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l'Église.